Logo apesac
Rechercher

Son combat continue : le premier « papa Dépakine » a déposé plainte et « une vingtaine d’autres devrait suivre », annonce Marine Martin la maman lanceuse d’alerte catalane

L’Indépendant

Portrait de Marine Martin, présidente de l’association Apesac, qui lutte contre Sanofi.

Après les mamans, les « papas Dépakine« . Soutenu par Marine Martin, la lanceuse d’alerte catalane par qui le scandale sanitaire était arrivé, le premier d’entre eux a déposé plainte contre X à Paris. Le combat continue.

« Il m’avait contactée en 2016 » , se souvient Marine Martin, de Pollestres, qui a fait éclater le scandale sanitaire de la Dépakine. Le 13 février dernier, Jean-Marc Laurent a déposé une plainte contre X devant le tribunal judiciaire de Paris pour « administration de substance nuisible », « atteinte à l’intégrité de la personne/blessures involontaires », « mise en danger d’autrui », « tromperie aggravée » et « non-signalement d’effet indésirable ».

« Ma fille est malade à cause de moi » , assure dans les colonnes du journal Le Monde celui qui a pris ce traitement antiépileptique avant la grossesse de sa femme. Sa fille Margot, aujourd’hui âgée de 17 ans, souffre de nombreux troubles neurodéveloppementaux très handicapants. Pour lui, le lien entre la prise de valproate (la molécule du médicament commercialisé par Sanofi ) et l’état de santé dégradé de sa fille est suggéré par une étude récente de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) , qui met en évidence un risque accumulé de troubles neurodéveloppementaux chez les enfants nés de pères traités par valproate avant la conception (lire en encadré). « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur des situations individuelles » , a commenté son côté Sanofi auprès de nos confrères. Concernant « un risque potentiel » chez les enfants nés de pères traités par valproate, une « mise à jour du résumé des caractéristiques du produit (RCP) et de la notice patient, ainsi que des mesures additionnelles de réduction des risques, ont déjà été mises en place en France depuis 2024 » , indique le laboratoire pharmaceutique français.

Je ne me laisserai pas faire

Ce premier « papa Dépakine » est loin d’être le dernier, assure la lanceuse d’alerte historique de laDépakine.« À l’époque, une trentaine s’étaient manifestées auprès de moi, ils sont 117 aujourd’hui. Et une vingtaine se sont rapprochées de notre avocat, Me Joseph-Oudin » . L’un d’entre eux, originaire de Perpignan et vivant dans l’Aude, s’était confié à L’Indépendant en février 2025.

La maman de deux enfants souffrant de troubles neurodéveloppementaux liens à la prise de Dépakine pendant sa grossesse devait être reçue par le ministre de la Santé sur le sujet ce jeudi 19 mars. Marine Martin souhaitait que le fonds d’indemnisation de l’Oniam ( Office national d’indemnisation des accidents médicaux , des affections iatrogènes et des infections nosocomiales), qui aide déjà les mamans Dépakine, soit étendu aux pères. « Ce serait plus rapide que de multiplier les procédures individuelles, sources d’encombrement judiciaire et de retards pour les foyers touchés, car nous avons besoin d’une aide familiale à vie, rappelle-t-elle . Nous sommes diabétiques, nous vieillissons, qui s’occupea de nos enfants quand nous ne pourrons plus le faire ? » , s’inquiète la présidente de l’Apesac, association nationale de parents de victimes de la Dépakine, qui accompagne 8 000 familles.

« Mais mon rendez-vous a été annulé à la dernière minute par le ministère, sans raison » , se désole-t-elle, y voyant un lien avec « la révélation de cette première plainte d’un papa Dépakine«  . « Je trouve injuste que ce droit à indemnisation ne soit pas ouvert aux papas » , ajoute celle qui se dit cependant « pas complètement étonnée » par le recul du ministère de la Santé. Et Marine Martin de conclure : « Je ne me laisserai pas faire, car ils n’agissent que sous la pression ».

Risque de troubles accumulés de 24 % chez les enfants de « papas »Dépakine« 

L’étude, réalisée par le GIS Epi-Phare à partir des données du Système national des données de santé, porte sur 2,8 millions d’enfants nés en France entre 2010 et 2015. Parmi eux, 4 773 sont nés d’un père traité par valproate, la molécule de la Dépakine, pendant la spermatogenèse, dans les quatre mois précédant la conception. Ces enfants exposés présentent 583 cas de troubles neurodéveloppementaux, dont 149 troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, 42 troubles du développement intellectuel, 77 troubles du spectre de l’autisme, 294 troubles de la communication et 160 troubles des apprentissages.

Les résultats indiquent une augmentation globale de 24 % du risque de troubles neurodéveloppementaux chez les enfants de pères traités par valproate, comparé à ceux dont le père recevait lamotrigine ou lévétiracétam. « Les résultats montrent une augmentation globale de 24 % du risque de TND chez les enfants de père traité par valproate au moment de la conception, préférentiellement à ceux dont le père était traité par lamotrigine (Lamictal et génériques) ou lévétiracétam (Keppra et génériques), recommandés en première intention en raison de leur meilleur profil de sécurité », précise l’Assurance maladie. Le risque de troubles du développement intellectuel est doublé, avec 3,5 cas supplémentaires pour 1 000 enfants.

Source : Nicolas Monnet

Version Papier:

Adhésion & don

Vous souhaitez soutenir l’APESAC ?

Pour adhérer et/ou faire un don à l’association, cliquez sur le bouton ci-dessous.  

 

 

Articles à la une

Dépliant de l'APESAC

miniature depliantV2