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Le pictogramme français de la grossesse a-t-il modifié l’utilisation des médicaments antiépileptiques pendant la grossesse ?

BMJ

Objectif : Cette étude visait à évaluer l’impact de l’introduction d’un pictogramme de grossesse sur l’emballage des médicaments sur la prescription et la délivrance des antiépileptiques, ainsi que sur les résultats maternels et néonataux chez les femmes exposées à ces médicaments.

Méthodes : Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective nationale, basée sur le Système national de données de santé (SNDS), avec un modèle « avant/après introduction du pictogramme ». Les femmes âgées de 15 à 55 ans ayant mené une grossesse à terme entre 2014 et 2017 (« période avant pictogramme ») et entre 2018 et 2021 (« période après pictogramme ») et ayant reçu au moins deux délivrances de médicaments antiépileptiques avant leur grossesse ont été incluses. Nous avons comparé les taux d’arrêt et de poursuite du traitement antiépileptique pendant la grossesse, les doses moyennes utilisées, ainsi que les issues maternelles et néonatales entre les deux périodes.

Résultats : Le taux de femmes ayant reçu au moins deux délivrances d’un médicament indiqué pour l’épilepsie avant leur grossesse est resté stable entre les deux périodes (0,7 %). On a observé une diminution significative des prescriptions d’acide valproïque (5,4 % contre 1,3 %) pendant la grossesse et, inversement, une augmentation des prescriptions de lamotrigine (29,9 % contre 31,5 %) et de lévétiracétam (10,9 % contre 14,5 %). Les prescriptions par des spécialistes, tels que les neurologues, ont augmenté significativement (22,8 % contre 28 %) entre les deux périodes. On a constaté une augmentation de plus de 2,7 % de la poursuite du traitement antiépileptique (37,6 % contre 40,3 %, p < 0,0001) et, inversement, une diminution du taux de femmes ayant interrompu leur traitement antiépileptique avant ou pendant la grossesse après la mise en place du pictogramme (59,4 % contre 56,7 %, p < 0,0001). Les taux de complications maternelles et néonatales sont restés similaires entre les deux périodes.

Importance : L’introduction d’un pictogramme de grossesse en France en 2017 n’a pas été associée à une augmentation des arrêts de traitement antiépileptique, à une prise en charge moins adéquate, ni à une détérioration de l’état de santé maternel ou néonatal chez les femmes enceintes qui recevaient ces médicaments avant leur grossesse.

Mots-clés : base de données SNDS ; médicaments antiépileptiques ; étude d’impact ; pictogramme ; grossesse.

Source:

Affiliations 

Affiliations

  • 1Faculté de Médecine de Toulouse, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) Unité Mixte de Recherche (UMR) 1295, Toulouse, France.
  • 2Electrophysiologie Cérébrale, Épilepsie et Sommeil, Hôpital Pierre Paul Riquet, CHU Purpan, Toulouse, France.
  • 3Service de Neurologie Fonctionnelle et d’épileptologie, Groupement Hospitalier Est-Hôpital Pierre Wertheimer, Bron, France.
  • 4Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE), Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques, Épidémiologie Obstétricale Périnatale et Pédiatrique du parcours de vie, Université Paris Cité, Université Paris Nord, Paris, France.

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