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Seine-et-Marne. Ce couple se bat pour faire reconnaître les troubles autistiques de leur fille

Actu.fr 

Traitée par la Dépakine pendant sa grossesse, Lorraine est convaincue que ce médicament antiépileptique est responsable des troubles autistiques que présente sa fille.

Prescrit depuis 1967 à des patients présentant des symptômes dépilepsie, la Dépakine, médicament produit par le laboratoire Sanofi, est soupçonné d’avoir fait de nombreuses victimes parmi les femmes enceintes qui pendant leur grossessecontinuaient de suivre leur traitement, avec pour conséquence la naissance d’enfants pouvant souffrir de retards psychomoteurs, de malformations physiques ou encore de troubles autistiques. C’est le cas de Lorraine Manteau, une habitante de Savigny-le-Temple mère de deux filles. 

« Je suis sous Dépakine depuis l’âge de 13 ans et j’ai continué mon traitement pendant mes grossesses », détaille la jeune femme. Sa première fille, Lana naît en 2005, suivi 4ans après par Mélina. « J’ai gardé le même dosage à chaque fois, le neurologue disait qu’une crise d’épilepsie pendant la grossesse pouvait être très dangereuse pour le fœtus », raconte Lorraine qui exerce le métier d’infirmière.

Si pour Lana aucune malformation ou trouble du comportement n’ont été détecté, Lorraine et son conjoint Antoine se sont interrogés à propos de la cadette. « On a commencé à se poser des questions à son premier anniversaire, se souvient le couple, elle était en décalage par rapport à d’autres enfants au même âge, elle n’a marché qu’à ses 2 ans et le langage ainsi que la compréhension étaient très difficiles pour elle ».

« Des difficultés pour apprendre à l’école »

Après une première année à l’école très difficile avoue Lorraine, la deuxième année scolaire de Lana en maternelle fut bien meilleure. « Des problèmes d’audition ont été détectés et après l’installation d’un appareil auditif le changement a été très net », insiste sa mère. Une auxiliaire de vie scolaire (AVS) a ensuite accompagné Lana pendant 2ans. 

« Cela l’a énormément aidé », reconnaissent Lorraine et Antoine qui déplorent néanmoins l’abandon de ce dispositif pour leur fille après son année de CP. « Elle avait acquis les savoirs de base en écriture et en calcul mais elle avait toujours des problèmes de compréhension ainsi que des difficultés pour apprendre ses leçons », relate la mère de famille qui décrit une période difficile. 

« J’ai souffert des phrases du type : ‘Ça va, vous chercher des problèmes à vos enfants’ qu’on me disait souvent car les troubles de Mélina ne sont pas forcément visibles quand on ne la connaît pas », explique Lorraine qui n’avait à cette époque jamais fait le lien entre les troubles comportementaux de sa fille et la prise de Dépakine.

« C’est en 2016 que j’ai entendu parler pour la première fois de l’Apesac (lassociation des parents denfants souffrant du syndrome de lanti convulsivant) en regardant un reportage à la télévision, témoigne la jeune femme,je leur ai téléphoné pour présenter mon cas, on m’a répondu qu’il existe beaucoup d’autres enfants comme Mélina qui passent inaperçus car ils sont calmes et arrivent à se maintenir en classe ».

« 35 000 victimes potentielles en France »

Créée en 2011, l’association vient en aide aux parents et mène des procédures judiciaires contre Sanofi. « Nous nous battons pour qu’un tel scandale sanitaire ne puisse plus jamais se reproduire car la Dépakine a fait potentiellement plus de 35 000 victimes en France », avance Marine Martin, la fondatrice et présidente de l’Apesac dont l’assemblée générale était organisée à Dammarie-les-Lys les 6 et 7juillet dernier. 

« La Dépakine est un bon médicament qui m’a évité de nombreuses crises d’épilepsie, reconnaît Lorraine Manteau qui a participé l’événement.Je reproche surtout le fait de ne pas avoir été informée des risques encourus par la poursuite d’un traitement en période de grossesse ».

Accompagné par l’association, le couple a déposé un dossier pour faire partie du dispositif d’indemnisation des victimes. « J’ai peur pour la suite de la scolarité de Lana et pour son futur, craint Lorraine,j’espère que ses troubles seront reconnus dans les années à venir pour elle et pour les autres enfants dans le même cas ».

Renseignements : Apesac: 01 76 54 01 34 ou sur: www.apesac.org

 

Source : Actu.fr 

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