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Leucémie – Piste prometteuse Le valproate et ses effets insoupçonnés

Le Soir

Le valproate et ses effets insoupçonnés

ALEXANDRE VALÉE

Comme l’avance Arsène Burny, qui dirige la commission de cancérologie du Fonds national de la Recherche scientifique, la recherche scientifique amène parfois à découvrir ce que l’on ne cherchait pas. C’est ce qui est survenu en début d’année 2003 à une équipe du département de biologie moléculaire de la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux (Fusagx).

Dans le cadre de leur travail, et en collaboration avec Laurence Lagneaux (Institut Bordet), Luc Willems et ses collègues ont mis le doigt sur les qualités insoupçonnées d’un médicament, et l’hypothèse de son utilisation pour le traitement de cellules leucémiques et de tumeurs malignes.

Ce médicament – la Dépakine – est en effet utilisé depuis des décennies pour agir sur les symptômes de désordre bipolaire (maladies maniaco-dépressives), ainsi que pour limiter les crises d’épilepsie. Mais le principe actif de cette médication (NDLR : le valproate) présente une propriété intéressante : il force certains gènes silencieux à s’exprimer, explique Arsène Burny. Luc Willems, en charge de ces recherches à la Fusagx, travaille donc actuellement sur un modèle animal de deux types de leucémies, la leucémie à cellule T (ATL) et la leucémie lymphoïde chronique. Les premiers tests en boîte de culture ont révélé une disparition rapide des cellules leucémiques sous l’effet du valproate. Un second test, opéré il y a environ huit mois, a été réalisé sur une importante tumeur dont souffrait un mouton. Le médicament, directement injecté dans la tumeur, a permis une résorption rapide (en trois jours) de cette dernière, sans que l’on ait à constater jusqu’ici d’effets indésirables. L’étude se poursuit donc actuellement à plus grande échelle sur différents animaux.

Il s’agit d’un résultat préliminaire encourageant, tempère Luc Willems, et non d’une solution avérée de traitement des patients leucémiques. La découverte gembloutoise, dont le thème n’avait pour l’heure fait l’objet que d’une publication dans les milieux scientifiques, anime cependant également d’autres chercheurs de par le monde. Optimiste, l’équipe du professeur Willems pourrait d’ailleurs voir la poursuite de ses travaux soutenue par la Fédération belge contre le cancer, une demande ayant été introduite en ce sens.·

Source : Le Soir

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