Canard Enchainé
Entre Sanofi et l’Oniam, chargé d’indemniser les victimes d’accidents médicaux, les différends se règlent à coups d’assignations au tribunal. Au grand dam du TGI de Bobigny, qui croule désormais sous les dossiers de victimes de la Dépakine, un antiépileptique fabriqué par le laboratoire.
Le tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny est en surchauffe ! Un juge de Seine-Saint-Denis se lamente : « Nous allons devoir libérer des gens dangereux en détention provisoire car nous ne pourrons pas les juger dans les délais. » Le problème ? Le manque de moyens, bien sûr ! Pour traiter les affaires criminelles, le palais avait recruté des magistrats à la retraite, et, en 2024, 240 crédits de vacation avaient été alloués. Or une journée d’assises en exige trois. L’an prochain – malgré d’intenses négociations –, ces crédits ne seront plus, au mieux, que 140.
Dans cette thrombose judiciaire, les accidents médicaux pèsent d’un bon poids. Ils submergent le tribunal de Bobigny. Financé par l’Assurance maladie et par l’Etat, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam), un organisme public sous tutelle du ministère de la Santé, a dû dédommager 4 162 victimes de la Dépakine, un antiépileptique du laboratoire Sanofi, responsable, ….
