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Après la Dépakine, de nouveaux antiépileptiques risqués pendant la grossesse

Magic Maman 

Après la Dépakine, l’Agence nationale de sécurité du médicament se penche sur d’autres antiépileptiques. Certains seraient aussi susceptibles de créer un risque de malformations pendant la grossesse.

La Dépakine n’est pas le seul antiépileptique qui peut entraîner des malformations chez les enfants exposés dans le ventre de leur mère. Si ce médicament est celui qui présente le plus de risques, d’autres traitements sont cités dans un rapport publié ce jeudi par l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé. L’autorité sanitaire dévoile une échelle des risques pour vingt et un traitements antiépileptiques. Cité par Le Monde, le docteur Philippe Vella, qui travaille à l’ANSM, explique que « l’existence d’un risque avec ces antiépileptiques était connue, mais [il] n’était pas quantifié ».

Tous les antiépileptiques n’ont pas le même potentiel de risque

L’analyse de l’ANSM dévoile que la Dépakine et les autres médicaments à base de valproate sont les plus problématiques. Ils multiplieraient le risque de malformations par cinq, par rapport à la population qui est non traitée. Pour cinq autres médicaments, le risque est « élevé », multiplié par trois. Parmi eux, le topiramate(Epitomax et génériques), qui entraîne un risque accru de malformations orales comme un bec de lièvre, ou une anomalie au niveau de la verge avec l’orifice de l’urètre anormalement positionné (hypospadias).

Ce médicament peut être prescrit aux femmes en âge de procréer, et environ 30 000 s’en sont vu prescrire en 2015. En plus d’être donné contre l’épilepsiele topiramate est parfois prescrit en dehors des indications officielles, notamment à des fins amaigrissantes ou pour des troubles bipolaires. En plus des malformations, il créé un risque potentiel de troubles neuro-développementaux. Les quatre autres médicaments classés « à risque élevé » sont le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la phénytoïne.

La prégabaline (Lyrica et génériques) présente un « risque potentiel ». Cependant, l’ANSM « appelle à la vigilance » sur cette molécule en raison de son risque malformatif potentiel et du fait qu’il est très souvent prescrit en France. La prescription concerne 150 000 femmes en âge de procréer. A ce niveau de risque, on trouve quatre autres antiépileptiques : gabapentine (Neurontin), zonisamide (Zonegran), felbamate (Taloxa) et vigabatrin (Sabril).

L’ANSM rapporte que trois médicaments (oxcarbazépine (Trileptal), lévitaracétam (Keppra), lamotrigine (Lamictal)) ne montrent pas d’augmentation probante du risque. Sept autres traitements n’ont pas pu être classés sur cette échelles de risques, à cause d’un manque de données. Il s’agit du Trobalt (rétigabine), Fucompa (perampanel), Gabitril (tiagabine), Inovelon (rufinamide), Vimpat (lacosamide), Zarontin (éthosuximide) et Zebinix (acétate d’eliscarbazépine).

Un comité pour mettre en place de nouvelles mesures

Le 14 mai prochain, l’ANSM réunira un comité d’experts indépendants. Ceux-ci auront pour mission de « proposer des mesures complémentaires de réduction des risques liés à l’exposition in utero aux antiépileptiques ». Les auditions seront retransmises en direct sur la chaîne YouTube de l’agence.

Par ailleurs, elle s’associe avec l’Association des parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) et le Réseau français des centres régionaux de pharmacolvigilance en créant un formulaire complémentaire pour mieux signaler les cas d’expositions d’enfants à des traitements contre l’épilepsie pendant la grossesse, disponible sur le portail du gouvernement.

Antiépileptiques : quelles recommandations pour les femmes enceintes ou celles qui veulent l’être ?

En même temps que son analyse, l’ANSM publie des recommandations à l’intention des femmes en âge d’avoir des enfants et qui suivent un traitement antiépileptique. Dans le cas où la patiente est enceinte, elle conseille de consulter « sans délai » son médecin, qui lui indiquera si elle doit modifier son traitement. Pour celles qui envisagent une grossesse, il est là encore conseillé de consulter son médecin avant toute chose, « pour réévaluer [leur] traitement avant d’être enceinte ».

Dans tous les cas, l’Agence rappelle qu’il ne faut pas arrêter ou modifier son traitement sans l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Elle rappelle aussi que le« traitement doit être réévalué par un professionnel de santé régulièrement même en l’absence de projet de grossesse ».

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