Une centaine de victimes de la Dépakine réunies à Saint-Jean, près de Toulouse

Une centaine de victimes de la Dépakine réunies à Saint-Jean, près de Toulouse

Par Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse et France BleuSamedi 4 mars 2017 à 20:09

La lanceuse d'alerte Marine Martin est venue apporter son témoignage et fédérer les victimes © Radio France - Vanessa Marguet

Marine Martin a réuni une centaine de victimes de la Dépakine ce samedi à Saint-Jean, au Nord-Est de Toulouse. C'est la femme qui a lancé l'alerte sur les dangers de ce médicament, efficace contre l'épilepsie, mais qui peut avoir de graves conséquences quand il est pris pendant une grossesse.

Marine Martin était très attendue ce samedi à la salle Palumbo de Saint-Jean où elle a été invitée par le député Gérard Bapt, connu pour son engagement contre le médiator. Il y avait une centaine de personnes dans la salle, des femmes surtout mais quelques hommes aussi venus de toute la région pour se renseigner et surtout pour écouter la femme qui a lancé l'alerte dans ce dossier.

Marine Martin se bat depuis 2012 pour qu'on reconnaisse les dangers de la Dépakine, ce médicament efficace contre l'épilepsie mais qui peut avoir de graves conséquences sur les enfants quand il est pris pendant la grossesse, surtout des problèmes d'autisme. Le fils et la fille de Marine Martin en souffrent aujourd'hui. Elle estime que "40% des enfants exposés à cette molécule in-utéro présentent aujourd'hui ce type de troubles".

Marine Martin a déposé sa première plainte en 2012 © Radio France - Vanessa Marguet

Certains enfants souffrent aussi de malformations. Dans la salle, c'est le cas du fils d'Isabelle. Cette Ariégeoise a pris de la Dépakine pendant sa grossesse et son fils âgé aujourd'hui de 12 ans a de nombreux problèmes.

Mon fils est né sans bras droit, avec une malformation au niveau de la main gauche, des problème au tibia et il a subi sa 10ème opération en octobre dernier - Isabelle

Le lien entre ces malformations et la dépakine a rapidement été reconnu, mais comme beaucoup d'autres gens dans la salle, Isabelle veut aujourd'hui obtenir justice et réparations. Elle va rejoindre l'APESAC, l'association des parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant, l'association créée par Marine Martin et dont une antenne régionale devrait voir le jour après son passage dans l'agglomération toulousaine.

Action de groupe en justice et fonds d'indemnisation

La lanceuse d'alerte milite aujourd'hui pour que les victimes se fédèrent, pour que le combat continue à porter ses fruits. Depuis sa première plainte en 2012, Marine Martin a obtenu l'arrêt de la prescription de la Dépakine pour les femmes enceintes, au moins en théorie car elle regrette que "certains médecins continuent à en prescrire". Son association a obtenu aussi la mise en place d'un logo pour avertir les femmes enceintes sur la boite du médicament. Et au mois de décembre dernier, l'Apesac a lancé une action de groupe en justice contre le laboratoire Sanofi, qui produit la Dépakine.

Le juge a deux ans pour statuer et dire si oui ou non le laboratoire Sanofi a manqué à son devoir d'information - Marine Martin

Les victimes reprochent à Sanofi d'avoir été au courant des dangers du médicament et de ne pas avoir fait de mises en garde. Elles veulent aujourd'hui que le groupe pharmaceutique assume et paye.

L'affiche de l'APESAC © Radio France - Vanessa Marguet

Les députés de leur côté ont voté au mois de novembre dernier la mise en place d'un fonds d'indemnisation des victimes. C'est important surtout pour l'avenir des enfants. Isabelle Combes, une montalbanaise qui a un fils autiste et une fille atteinte d'épilepsie atypique due à la dépakine, veut être sûre que ses enfants auront assez de moyens pour s'en sortir le jour où elle et son mari disparaîtront. Aujourd'hui, leur situation est compliquée.

Cette femme va elle aussi rejoindre l'Apesac et les actions en cours. Les victimes devraient être très nombreuses à terme. Aujourd'hui, il n'y a pas vraiment de chiffre global. Marine Martin a recensé 3 700 familles en France, mais ce n'est pas fini.

Par : Vanessa Marguet France Bleu Toulouse